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Une Motte féodale à Laives

Une opération archéologique au début du printemps de cette année 2020, a remis en lumière un édifice disparu de notre village.

Plusieurs historiens, tels que Léopold NIEPCE, Jean Louis BAZIN, Marcel CANAT de CHIZY… mentionnent dans leurs écrits l’existence d’une motte féodale à Laives. Il n’en restait, jusqu’à ces temps derniers, qu’une trace écrite, ou plutôt dessinée, sur un plan de 1690 (dénommé Tibériade)*.

Ce relevé indique les contours arrondis d’une zone située dans la partie basse du quartier de LENOUX.

Les plans cadastraux ont évolué depuis le 17ème siècle, mais les pourtours sont toujours présents.



Souvent rattachées aux grands châteaux médiévaux comme celui de BRANCION, les mottes féodales étaient de conception plus ou moins modeste et si la topographie naturelle ne s’y prêtait pas, elles étaient réalisées par les hommes.

Celle de Laives était rattachée au château et Seigneurs de SENNECEY.

Lorsqu’il n’existait pas de tertre, il fallait élever une butte au moyen de terres dégagées sur un pourtour, ce qui construisait naturellement un fossé de défense. Ces constructions parfois inhabitées en permanence, servaient de refuge aux habitants lors des menaces belliqueuses et des pillages.

Le château de Laives se situait au bas de la colline de LENOUX, dans le quartier du même nom et plus précisément au lieudit cadastral « clos du château de la Motte ». Les fossés étaient alimentés par une source abondante, un chemin conduisait à la chapelle de LENOUX lorsque cette dernière fut édifiée (1484).

Les fouilles menées par les archéologues de l’INRAP* ont mis en évidence la présence de cette forteresse oubliée, dont les plus anciennes traces écrites consultables à ce jour, remontent à 1382.

En effet, un acte de dénombrement est dressé par Vauthier de Vienne ; il y déclare « tenir en fief une pièce de vigne d’environ 30 ouvrées, située en la paroisse et finage de Layve…, jouxte le chemin venant de la forteresse dit la Motte du Seigneur de Sennecey. »*




· « Lorsqu’en 1424 les commissaires des élus parcouraient le baillage de Chalon pour la cherche des feux, ils informèrent les dits élus qu’ils ne purent venir jusqu’à Brancion… obtans les ennemis… font emboiches… ; se trouvant à Nanton…Les commissaires n’osèrent aller plus loin et vinrent retraire au chastel de Laives… »

· « Le 27 octobre 1438, les Ecorcheurs étaient à Laives, et s’emparaient du bétail qui fut amené devant le château de la motte…Un certain Guillaume CADOT, capitaine de la Motte, entama une négociation avec le Bâtard de BAR, mais ce fut Jacques De LUGNY qui avança le « marc d’OR » de rançon afin de libérer le bétail, mais aussi les prisonniers…

· Le 14 mai 1554, Nicolas De BAUFFREMONT, Seigneur de LAIVES fait une reconnaissance écrite pour une somme de 48 francs tournois pour mise en place de douze arquebuzes à croc dans le chastel.

En cas de menace, les habitants de LAIVES pouvaient s’y retraire (retrancher), exceptions faites à quelques maisons de SERMAISEY appartenant au Sieur BOIRON, dont les occupants devaient rejoindre RUFFEY et les habitants de VIEL MOULIN, qui rejoignaient le château de la Tour à SENNECEY.

En contrepartie, les « retrahants » devaient concourir à la défense du lieu, y faire « guet et garde », et en assurer l’entretien.

A la fin du 16ème siècle, la motte était en ruine, les habitants de Laives pour leur protection, devaient se retirer au Château de SENNECEY.

Les derniers documents mentionnant le château de la motte sont datés de 1765, mais à cette époque, le château n’existait plus.

*Etienne De CHAULX écuyer, en 1342 était châtelain de la Motte. Lui succédèrent, Hugue DIE, Guillaume BRAISSAND …et d’autres châtelains dûment répertoriés jusqu’en 1402.


*Les sondages archéologiques de 2020 ont mis au jour l’existence d’une fondation maçonnée de pierres taillées, la présence de deux fossés séparés par 11 mètres et d’environ 7 mètres de largeur ainsi que de nombreux débris de poteries.

Les poteries sont pour la plupart issues des ateliers de SEVREY ou

de la région chalonnaise (rapport d’archéologie).

Il semble donc que cette motte castrale était de plus grande

importance que l’on ne le pensait jusqu’à maintenant.


*Relevé de la tibériade (Mr Guillard)

*INRAP : Institut National de Recherches Archéologiques Préventives

*Recueil de Peincedé tome 10

*Jean Louis BAZIN : BRANCION, les seigneurs, la Paroisse, La ville

*Léopold NIEPCE : Histoire de Sennecey le grand et ses 18 communes (Laives)

*Jean Louis BAZIN : le passage des écorcheurs en chalonnais

*Mémoire de la Société Eduenne tome 14 (1885)

*Jean Louis BAZIN : Notice historique sur le village de Laives

*Didier LAMOTTE : A Laives il y avoit autrefois un château INRAP 2020

D. Revillet

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